Quand le triomphe sans gloire se heurte au génie politique  (Par Babou Bamba)

Mardi 17 Mars 2026

Babou Bamba

Depuis un certain temps les attentions sont tournées vers la plus haute sphère de la République, dans l'espoir de connaître l'épilogue de ce qui paraît aux yeux des Sénégalais et du monde entier, comme la naissance d'une dualité au sommet de l'État.

 

La polémique n’en continue pas moins de constituer une onde de choc qui cristallise des passions de plus en plus exacerbées.

 

Devant cet état de fait, force est d’admettre que,  quelles que soient la profondeur et l'amplitude des divergences, les intérêts de la République sont toujours mis en avant. En atteste la récente sortie du gouvernement sous l'impulsion de son premier ministre, où des initiatives pratiques de nature à traduire en mesures concrètes l’aspiration des Sénégalais à un mieux-être, ont été clairement définies.

 

Mais la question fondamentale reste et demeure, jusqu'où on ira avec cette situation de ni guerre ni paix? 

 

À cette question, il n’y a pas quatre chemins pour essayer de comprendre la nature du problème quand bien même certaines personnes veuillent nous faire croire à une complexité d'un différend qui échappe en même temps aux esprits alertes et aux profanes. 

 

Pas besoin d'être un génie, pour savoir qu'un différend entre deux protagonistes ne nait que quand l'une des parties décide de s'écarter volontairement en faisant abstraction de tout ce qui était convenu de faire. 

 

Inutile de rappeler les différentes péripéties auxquelles le parti PASTEF a dû faire face avant d'accéder au pouvoir. J'ai l'habitude de dire que PASTEF n'est pas un parti où les militants et sympathisants ont des esprits anesthésiés, prêts à gober tout ce qui vient d'en haut. Ce sont des citoyens soumis à la réflexion et non des sujets à l'obéissance aveugle. 

 

Cependant, au rendez-vous des bilans et de tous les bilans, la postérité retiendra que  l’itinéraire du chef de parti en la personne de Ousmane Sonko, n'a jamais connu une trajectoire politique tortueuse. Il a été et reste le seul constant qui n'a jamais varié dans ses prises de position et dans son engagement envers le peuple à travers ses principes directeurs pour faire du Sénégal un pays souverain et prospère. 

 

Pour tous les sacrifices consentis, et les efforts déployés afin de procéder à un changement radical et bannir à jamais les anciennes pratiques, que l'on se rend compte que le pouvoir  est dans une logique de continuité et de maintien des anciennes pratiques, en procédant petit à petit à la réintégration d’une classe dirigeante vomie et rejetée par le peuple, il y a de quoi s'interroger. 

 

Si, les aspirations légitimes au changement sont en train d'être dévoyées par l’actuel locataire du palais, il faut le dénoncer et à la limite le combattre avec toute l'énergie qu'il faut. 

 

Lors de la dernière assemblée générale de la Coalition Diomaye Président, nous avons tous suivi avec consternation l’argumentaire bancal du président dont l'objectif n'est ni plus ni moins que la mise sur pied d'un processus de recyclage de tous  les déchets politiques qui l’ont toujours combattu sans concessions et qui ont fini par retourner casaque après avoir senti le vent favorable d’une alternance irréversible en 2024. Une manière de favoriser la perversion de l'idéal politique défendu par des patriotes au prix de leurs vies. 

 

En soutenant cette initiative, le président Diomaye est en train de récompenser le parjure tout en  sanctionnant négativement la fidélité et le respect de la parole donnée, mettant ainsi en exergue la  conception réductrice et opportuniste  selon laquelle « En politique, il n’y a ni amis éternels ni ennemis éternels, il n’y a que les intérêts du moment ».

 

Un premier coup assassin à l’endroit du projet, porteur  également d’une alternative  au plan des valeurs fondatrices de notre société. L’exécutif a ainsi fait la promotion d’anti valeurs incarnées par des contre-modèles qui adorent aujourd’hui ce qu’ils ont, hier, abhorré.

 

Si certains affirment avec conviction que le pouvoir possède cette force inouïe capable de transformer profondément et radicalement les hommes, je soutiens pour ma part que, loin de modifier la nature humaine dans son essence, le pouvoir agit plutôt comme un révélateur puissant qui a cette capacité de mettre à jour, de dévoiler et d'exposer la vraie nature de l'être. Ainsi, les intentions, les désirs et les motivations intrinsèques de chacun deviennent visibles, permettant ainsi de comprendre comment l'individu réagit et interagit avec son environnement une fois en position d’autorité. 

 

Voilà en réalité, le contexte dans lequel nous sommes, avec le président et sa nouvelle trouvaille aux allures d'un conglomérat d'intérêts hétéroclites, composée de courtisans et d'alliés de circonstance. 

 

Un exemple éloquent qui confirme malheureusement, l’imaginaire collectif des Sénégalais selon lequel, la politique est perçue comme une affaire de duplicité utilisée comme un « Cheval de Troie » dont se servent les politiciens pour abuser les masses de manière à réaliser des ambitions strictement personnelles.

 

Heureusement, qu'il existe dans le Landerneau politique sénégalais, cette exception incarnée par le président du Parti PASTEF dont le courage lucide, le parcours et la posture, continuent de faire des émules auprès de pans entiers de  militants et sympathisants au Sénégal et dans la diaspora. 

 

Ce qui apparaît comme une volonté de créer une scission, n'est  en réalité qu'une tempête dans un verre d'eau, qui sera très vite maîtrisée et mise hors d'état de nuire. 

 

PASTEF demeurera solide et poursuivra sa belle marche jusqu'à la  victoire finale en hissant son leader à la magistrature suprême de ce pays, car 2029 n’est pas loin. Mais faut-il, dans ce cas, balayer tous les obstacles qui se dresseront devant nous ?

 

BABOU Bamba 

PASTEF, Grand Yoff

 

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